le régal des vermines

« Voilà comment tout a commencé ». C’est par cette accroche que s’annonce le film de Nicolas Castro Des lendemains qui chantent. « TOUT », c’est un peu vague, c’est parlé, c’est démago mais ça fait référence au passé, à l’histoire. Celle du socialisme, de la débandade, du début de la fin. Là est le problème historique (et tout l’enjeu) de cette commémoration cynique orchestrée par une bande de fils de renégats bien nés, plutôt bons comédiens. L’entreprise était plus que séduisante ; peindre en une heure trente le portrait des individualistes qui ont retourné leur veste au lendemain de l’élection de Mitterrand en 1981. Problème : où est passé Montand ? Cherchons dans ce film les traces d’un gauchisme plus ancré qui se soit renié, planqué derrière les goulags, à l’ombre d’un ex-vichyste plantant une rose hideuse sur les ruines de la gauche. Le générique du film propose une distribution d’images d’archives mobiles sur l’écran de cinéma, de ses projections anhistoriques. Images coupées par le split screen. Ce jeu de montage est un symptôme, l’histoire sera manipulée, oblitérée par un cache, plutôt orientée à droite. En réalité, le film articule vulgairement des personnages contre lesquels il se déploie.
Lire la suite…

Les dossiers

Derniers articles

on-a-greve

Choisir son camp

Naissance d’une grève, mort du journalisme. Les Gens du Monde, Yves Jeuland / On a grévé, Denis Gheerbrant La sortie simultanée de ces deux films…

pio-marmai-des-lendemains-qui-chantent

le régal des vermines

« Voilà comment tout a commencé ». C’est par cette accroche que s’annonce le film de Nicolas Castro Des lendemains qui chantent. « TOUT…

under-the-skin-014

Under the skin, Les fourmis

Un lac déchaîné, un chien qui se noie sous les yeux d’une famille en pleurs. Eux-mêmes se noient sous les yeux de deux promeneurs…