Jimmy’s Hall, Mythologie et bigoterie

Avec Jimmy’s Hall Ken Loach lève toute l’ambiguïté politique avec laquelle il a l’habitude de slalomer. À Cannes, lors d’une interview, il a déclaré à propos de son film : « L’ironie dans tout ça c’est qu’on est là, à Cannes, tranquillement assis dans un endroit exorbitant, en train de parler de militants gauchistes tout en mangeant des gâteaux. Là aussi il y a une part de comique : comment peut-on parler d’engagement à gauche quand on mène la belle vie ici ? Ha, ha ! Mais bon, on le fait parce que c’est aussi une manière de raconter cette histoire, de planter cette graine. Et maintenant, si vous voulez bien m’excuser, je vais mordre dans ce gâteaux. » Je suppose que ce point de vue est à l’origine d’une belle amitié irlando-belge entre Loach et les Dardenne . À sa question : « Comment parler d’engagement à gauche quand on mène la belle vie ici ? », la réponse devrait être claire, sans détour. On ne peut pas parler de ce qu’on ne connaît pas à moins d’avoir une intention précise en tête comme celle de détourner le sujet qu’on ignore pour en traiter comme on traite d’un savoir préétabli.

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