Mommy, J’ai tué mon fils

Lorsqu’il a reçu le Prix du jury, Dolan a laissé se braquer sur lui les caméras, les micros d’une célébrité qui venait, dans le double mouvement de ce salut (auteur et génie), anéantir un geste créatif qu’il faudrait être aveugle pour avoir ignoré. Lorsque Jean-Luc Godard (classé ex-aequo avec lui le soir de la cérémonie) déclara que cette situation à Cannes était absurde, que lui, faisait des films jeunes là où ce jeune homme concevait un vieux cinéma, nous étions en droit de nous demander qui se moquait de qui. En réalité, c’est le prix même de cette ovation qui se fout de notre gueule. Car Jean-Luc Godard ne croyait pas si bien dire, lui qui affirmait qu’il avait poursuivi un geste créatif là où les Cahiers du Cinéma avaient abandonné le combat. Ce qui est désolant c’est moins l’exaltation générale que suscite Mommy que les enjeux artistiques que ce triomphe vient achever (au sens littéral).

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