La danseuse, l’architecte et le maharadjah

Dès le début du Tigre du Bengale, l’animal surgit de la jungle : identifié comme la réincarnation d’un meurtrier, faisant retentir la cloche de la société humaine qui se barricade contre ses assauts, il bondit au centre de l’image tel un signe du Zodiaque soudain tombé de son anneau mouvant, doté d’une aura littéraire où les noms de Blake, de Kipling, de Borges forment une constellation autonome de symboles – soit le Mal, le Démoniaque, mais aussi l’Irradiant, l’Intact, le Sacré. C’est la note de départ, exaltante par sa magie et glaçante par la puissance, qu’il donne à ce long récit ivre de couleurs et traversé d’abîmes qu’est le diptyque composé du Tigre du Bengale et du Tombeau Hindou. Intervenant à intervalles réguliers, le Tigre sera à la fois l’action et son allégorie : celui qui par son attaque précipite l’amour fou entre l’architecte Harald Berger et la danseuse sacrée Seetha, celui qui dans le rêve de celle-ci se dédouble pour incarner ses deux prétendants, l’Occidental et le Maharadjah, celui qui dans la cage ou dans la fosse menace de déchirer le premier et mange dans la main du second. Lire la suite…

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Johan, mon été 75, Présent Composé

En décembre dernier, l’article « Contre la nouvelle critique (suite) » venait marquer sur Sédition le carrefour d’un projet d’écriture qui devait s’ancrer depuis le constat…

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